Délégationdes Yvelines

Une fête de Noël à l’accueil de jour de Versailles

Jésus fêté parmi les siens

Le jeudi 17 décembre 2020, les bénévoles engagés dans l’accueil des plus fragiles avec les personnes qu’ils accompagnent tout au long de l’année ont fêté la Nativité dans les locaux du Secours Catholique des Yvelines.

Une fête de Noël à l'accueil de jour de Versailles

publié en janvier 2021

« Quelque soit notre religion, que l’on soit croyant ou non, on va essayer de se réjouir tous ensemble et de fêter Noël, ce jour anniversaire où nous les chrétiens, nous croyons que Dieu a envoyé son fils pour nous révéler son amour ». Par ces quelques mots, Florence, l’une des responsables de l’accueil de jour du Secours Catholique des Yvelines, a accueilli les habitués et les bénévoles venus fêter avant l’heure la Nativité. Rien ne manque à l’ambiance de fête : le sapin brille ; Dominique, bénévole, joue doucement au piano quelques airs de Noël accompagné par Josué. Les tables joliment décorées, accueillent les convives. Covid obligeant, les distances physiques et les gestes barrières sont respectés, mais derrière les masques, on devine les sourires et pour beaucoup les yeux brillent. Florence propose au public de raconter ce que représente Noël pour eux, un souvenir ou une expérience de Noël. «  Dans mon pays, au Soudan, les familles qui sortaient de la messe de minuit venaient saluer tous les voisins en leur souhaitant un bon Noël, quelle que soit leur religion ». Une bénévole ajoute : «  Dans ma cité en France, dans les années 1970, on vivait en bonne intelligence. Musulmans, juifs, catholiques ou athées ouvraient leur porte et on se rendaient visite en s’offrant des plats cuisinés. C’était un moment de joie partagé, comme dans une grande famille ».

Joie pour les uns, "galère" pour les autres

David, vivant dans la rue depuis sept ans, apporte un témoignage moins idyllique, mais combien réaliste. « Pour moi Noël, c’est l’enfer. Surtout en cette période de Covid. Tout est fermé. On ne peut pas se laver, aller aux toilettes. Il n’y a personne dans les rues. C’est pire que tout. » Ce jour-là plus qu’un autre, pour les personnes sans domicile, la solitude est plus cruelle quand tout le monde festoie dans la chaleur d’une maison. Une bénévole fait le lien avec Noël : « Joseph et Marie, eux non plus, n’ont pas été accueillis dans une maison bien chauffée pour la naissance de leur fils. Jésus est né pauvrement, anonymement, loin de chez lui, dans l’inconfort et l’insécurité. Il a voulu adopter ainsi notre condition humaine. Pour cela, il est très proche de tous les laissés-pour-compte de la société ».

Après la lecture et le partage autour de l’Évangile de la nativité, Florence propose un moment de silence pour que chacun confie son fardeau au pied de l’enfant de la crèche. L’émotion se fait palpable dans l’intensité du silence recueilli. Un instant de grâce, suspendu dans le temps, bercé par la mélodie du piano. Comme une trêve venue adoucir la dureté de l’existence de ceux qui luttent pour survivre. Les personnes qui le souhaitent sont invitées ensuite à confier, à voix haute, ceux qui les ont quittés dans l’année. Des noms fusent ça et là, ceux de sans-abri qui n’existent peut-être que dans le souvenir de ceux qui les ont côtoyés sur leur chemin de "galère" et leur redonnent pour un moment leur dignité.

Au milieu du chant entonné par tous et accompagné en musique par Dominique et Josué, la porte s’ouvre sur deux hommes chargés d’un repas de fête : un couscous offert par le restaurant kabyle du quartier Saint-Louis, l’Espérance. Un nom qui résonne comme un clin œil de Dieu en ces temps de la Nativité. Et que dire de musulmans qui viennent offrir un repas de Noël pour les personnes accueillies dans une association catholique ? « Que Dieu est à tout le monde », répond un des restaurateurs, qui a décidément tout compris...

Catherine Regnier, équipe Communication Yvelines

Imprimer cette page

Portfolio