Délégationdes Yvelines

À l’accueil de jour de Versailles

L’esprit de famille règne

Rencontres à l’accueil de jour de Versailles où l’esprit de famille règne entre personnes accueillies et bénévoles.

L'esprit de famille règne

« Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux  », cette phrase, écrite parmi d’autres sur un panneau dans la grande salle pourrait être la devise de l’accueil de jour du Secours Catholique à Versailles. Ici, ceux qui sont sans toit, en errance viennent d’abord laver leur linge, prendre une douche, se nourrir ou trouver de quoi se vêtir. Mais ce qu’ils recherchent tous, avant tout, c’est d’être écoutés par une personne attentive et bienveillante. Quoi de plus légitime quand on passe ses journées à arpenter les rues ou à demander l’aumône sans croiser un seul regard, dans l’anonymat le plus complet. « Ici, on accueille inconditionnellement tous ceux qui se présentent. On leur permet de se délester de ce qui est trop lourd pour reprendre des forces physiques et morales », commente Agnès, bénévole. « Chacun vient avec son histoire personnelle qui est son trésor, il nous la confie s’il le souhaite et on l’écoute respectueusement. On l’aide à retrouver ce qui est beau en lui et à reprendre courage. En repartant, ils se sentent un peu moins seuls ». En passant, Saïd lui décroche un large sourire : « Je t ‘aime beaucoup, avec mon cœur !  ». Agnès lui répond : «  C’est vrai qu’on a vécu de belles choses tous les deux, lors du pèlerinage de Lourdes ! ». Dans le coin cuisine, une autre bénévole prépare le café et sert les petits-déjeuners. Une autre occasion pour amorcer des conversations. Comme lors des déjeuners préparés et pris ensemble, tous les jeudis, hors des périodes de confinement. « Ici, les personnes accueillies ne sont pas assistées. On fonctionne comme dans une famille où chacun met la main à la pâte. Chacun décide d’une recette de son pays à tour de rôle et on discute autour des épluchages avant de la déguster ensemble. C’est très convivial.  », ajoute Florence Richard, co-responsable avec Anne-Laure Beaurain.

« Est-ce que j’ai l’air d’un clochard ? »

Hors Covid, la structure accueille de trente à cinquante personnes, principalement des hommes, les lundis, mardis et jeudis de 9h à 16h et les vendredis matin. Depuis la pandémie, elle n’ouvre que les mardis et jeudis matin accueillant entre dix à quinze personnes par jour. Il faut dire que la plupart des bénévoles, retraités, font partie des personnes à risque. Les visiteurs s’en désolent, d’autant qu’en cette période, la ville a fermé les douches et les toilettes publiques, et que les bars et restaurants n’ont pas rouvert. Difficile pour les personnes sans domicile de veiller à leur hygiène pourtant indispensable pour conserver leur dignité : « Est-ce que j’ai l’air d’un clochard ? » demande D. tout sourire et rasé de près au sortir de sa toilette. Force est de constater que rien ne le distingue d’un bénévole, avec ses vêtements propres et son air reposé. Et pourtant, D. vit depuis sept ans dans la rue.

En fond sonore, Dominique, au piano et Josué à la guitare accompagnent Joëlle qui entonne quelques airs de Noël. Josué, jeune Congolais qui a fui la guerre il y a une dizaine d’années pour se réfugier à Mayotte, est arrivé à Versailles il y a tout juste deux mois..., pour un avenir meilleur... Musicien professionnel, il souhaiterait devenir éducateur spécialisé. Mais pour l’instant, en attente de la régularisation des ses papiers, il dort dans la rue et quand il n’en peut plus, aux urgences de l’hôpital Mignot. Sans l’accueil de jour où il a trouvé une famille de cœur, il serait désespéré. « C’est eux qui m’aident à tenir, à garder le moral  ». En attendant un avenir meilleur, il aide ceux qui sont plus pauvres que lui, à savoir les migrants du Camp des matelots, où il va donner des petits concerts. Cela lui permet d’oublier un peu les horreurs qu’il a fuies et l’absence de nouvelles des ses parents et de ses six frères et sœurs, restés au Congo. À ses côtés, Mohamed, 22 ans, originaire de Guinée, est arrivé en France il y a six ans. Il a obtenu un bac professionnel des métiers de l’électricité et aimerait trouver une entreprise pour poursuivre sa formation en alternance et préparer un brevet de technicien spécialisé (BTS) . Les bénévoles de l’accueil l’ont aidé à écrire son curriculum vitae ((CV) et ses lettres de motivation. Tous attendent avec impatience la fin de la pandémie qui permettra à la structure de rouvrir à temps plein.

Catherine Regnier, équipe Communication Yvelines

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