Délégationdes Yvelines

Épicerie sociale de Versailles

Faire ses courses autrement

Visite à l’épicerie sociale de Versailles, tenue par les bénévoles du Secours Catholique des Yvelines du groupement alimentaire familial (GAF)

Faire ses courses autrement

publié en janvier 2021

« Je n’aurais jamais pensé que j’en viendrais un jour à m’adresser à l’épicerie sociale pour me nourrir !  », confie Adèle, jeune mère célibataire d’origine camerounaise, pas habituée de l’aide sociale... mais une victime, comme tant d’autres, de la COVID 19. Après avoir travaillé pendant quinze ans dans l’hôtellerie de luxe, elle vient d’être licenciée. « Une fois que j’ai déduit de mes indemnités chômage tous les frais fixes, il ne me reste rien pour acheter de la nourriture. Moi, je peux encore me contenter d’un repas par jour, mais je ne peux pas imposer cela à mon fils de cinq ans ! », explique-t-elle. Aussi, ravalant sa fierté, Adèle a passé quarante-cinq minutes dans les transports en commun pour venir depuis Rocquencourt s’approvisionner à l’épicerie sociale, car il n’existe pas de telles structures plus près de chez elle.

Pas évident de trouver l’épicerie sociale au milieu des tours du quartier de Jussieu, mais une fois passée la porte du 12 allée Hector Berlioz, la première impression est plus que favorable : « On se croirait dans une véritable entreprise. Ils sont très professionnels et l’accueil est chaleureux ! », commente Karima, une autre bénéficiaire, à la recherche d’un emploi et mère de quatre enfants venue avec son mari. L’épicerie sociale n’est pas un commerce comme les autres. Pour bénéficier de ses services, chaque personne doit rencontrer une assistante sociale du conseil départemental ou d’un centre d’hébergement qui définit avec elle ses besoins. Elle pourra ainsi à huit reprises, se fournir à l’épicerie sociale qui pourront être reconduites après une nouvelle évaluation du dossier.

Un quart du prix du commerce

Sur place, chaque bénéficiaire est pris en charge par une bénévole - les hommes sont plus rares - dont l’accompagnement lui est généralement attitré pour assurer un meilleur suivi. Le binôme établit ensemble la liste des courses, selon les besoins spécifiques de chaque famille et en fonction des produits disponibles. Ce moment passé ensemble est essentiel pour prendre des nouvelles, créer du lien et ainsi mieux comprendre les besoins des bénéficiaires. Après cet échange, la bénévole va elle-même remplir le chariot dans l’arrière-boutique où sont entreposées les denrées. Le passage en caisse est toujours une bonne surprise car les denrées, de qualité renommée pour la plupart, sont vendues au quart du prix pratiqué dans les commerces.

« C’est peu, mais les bénéficiaires qui se fournissent aux Restos du Cœur ne paient rien. En revanche, ils ne peuvent pas choisir leurs produits. Au Secours Catholique, notre politique est d’accompagner les personnes sans les assister. Payer, c’est aussi une manière de préserver leur dignité, et c’est essentiel. »explique Claude Perrin, responsable du Groupement alimentaire familial (GAF) de Versailles. Dans l’arrière boutique, il conditionne les produits surgelés livrés une fois par semaine. Pour le reste, 80 % des denrées proviennent des collectes alimentaires organisées plusieurs fois par an dans les supermarchés des environs. Seuls les produits frais sont achetés par l’association.

Autour de Claude, huit à dix bénévoles s’affairent dans les rayons. Ils sont une quarantaine à assurer les permanences durant les cinq créneaux horaires, chaque matin sauf le dimanche. «  Il faut être nombreux si l’on veut suivre personnellement chaque personne. C’est notre objectif au Secours Catholique : rétablir chaque personne dans sa dignité !  », ajoute Claude Perrin. L’une de ses missions, et non des moindres, est de relancer personnellement les personnes envoyées par l’assistante sociale qui ne donnent plus signe de vie. Parmi eux, des étudiants, touchés par la crise de la Covid et qui négligent leur alimentation. Ou encore de nouveaux bénéficiaires qui n’osent pas pousser la porte de l’épicerie sociale, par pudeur. «  Il me faut les convaincre qu’il n’y a aucune honte à demander de l’aide. Ils ne sont pas responsables de la pandémie et de ses conséquences. Ce qui est terrible, c’est qu’ils vont être de plus en plus nombreux  », déplore le responsable.

Avec la crise économique qui se profile, l’épicerie sociale a hélas de beaux jours devant elle. Elle est également une des rares entreprises qui recrute... des bénévoles.

Catherine Regnier, équipe communication Yvelines

Si vous souhaitez rejoindre l’équipe de l’épicerie sociale de Versailles, voici son adresse :

Épicerie sociale

GAF du Secours Catholique

12 allée Hector Berlioz (via la rue Charles Gounod)

78000 Versailles

Tél : 01 39 49 45 92

ouverte les mardis, jeudis, vendredis, et samedis matin et le jeudi après-midi.

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